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Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...)

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Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...)

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MessageSujet: Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...) Ven 8 Oct 2010 - 20:36

Bonsoir,
Un petit défi.
J'ai écrit un conte un jour, mais encore personne ne l'a lu. Cette histoire m'a jailli de la tête et je l'ai écrite au feeling, comme ça. Or, les véritables contes sont toujours basés sur une réflexion plus approfondie qu'une simple histoire pour enfants. Sinon c'est de l'édulcoré. Au delà d'un genre littéraire, ils sont crus et violents, et sont un avertissement pour les jeunes personnes, ou symbolisent les rites initiatiques de passage d'un âge à un autre, ect.
Le mien n'est pas axé sur une telle réflexion, puisqu'il est assez spontané.
La question est : à la lecture, après un petit retour sur la question, qu'en est-il du mien ? Est-il creux, ou bien... ou bien y ai-je versé sans le savoir de mon psyché ? Qu'arrivez-vous à déchiffrer entre les lignes ? N'ayez pas peur d'extrapoler. Car là, c'est l'auteur que vous allez analyser. ^^
Merci à ceux qui se prêteront au jeu, et bonne lecture.

Il était une fois, dans un vaste royaume bordé de sombres et impénétrables forêts, le roi Roderick, cruel et insensible.

Roderick, en raison de sa méchanceté, n’avait jamais pu trouver d’épouse. Las de ne point posséder d’héritier, il convoqua toutes les dames du pays en âge de se marier au château, à un grand bal, afin de forcer celle qui lui plairait de l’épouser. Il fit donc passer l’annonce partout, dans toutes les ruelles, toutes les échoppes et maisons.
Hors, il oublia la ténébreuse forêt, où personne n’osait jamais s’aventurer, qui est pourtant l’habitat de tant de créatures, y compris le peuple Troll.
Le Roi des Trolls avait une fille, qui certes aurait pu plaire aux yeux de quelque Troll, mais pas du tout aux yeux des humains. Celui-ci, quand il apprit la nouvelle, et que sa fille n’était pas invitée, piqua une colère noire.
« Ma fille s’y rendra ! » hurlait-il. « Et elle aussi aura sa chance de devenir reine ! »
La fille du Roi des Trolls n’entendait point se marier avec un homme de réputation aussi méchante et perfide. Mais son père la traîna par la queue chez la sorcière Bouille-Bidouille, la seule humaine à habiter dans la vaste forêt.
« Sorcière Bouille-Bidouille », demanda le Roi des Trolls, « ma fille doit se rendre au palais royal. Faites en sorte qu’elle puisse séduire le roi ! »
Bouille-Bidouille fouilla dans son armoire, ouvrit ses placards, épousseta son grimoire, chassa son chat du chaudron, et entreprit de faire une potion. Lorsque le filtre fut prêt, elle le remit à la Fille des Trolls : « cette potion te donnera l’apparence de la plus belle jeune fille pour quelques heures. Bois-la avant d’aller au bal. Je vais aussi te donner une robe. Mais fais attention ! La potion ne fera pas disparaître ta queue. Garde-toi bien de montrer ce plumeau, ou ta nature sera trahie. » Sur ces mots, la sorcière remit à la Fille-Trolle une robe magnifique, toute faite de forêt.
Le jour du bal venu, la Trolle, au fond de sa caverne, but la potion, et se métamorphosa en une jeune beauté au teint pur, aux yeux de mithril fondu et à la chevelure plus douce que la soie. Elle enfila la robe de forêt et se fit conduire au palais royal.
La Fille des Trolls ouvrit les yeux devant un tel faste, qu’elle n’avait jamais vu auparavant, elle restée toute sa jeunesse au fond de la forêt sombre. Il y avait beaucoup de convives, riant par groupes dans les jardins, et des couples dansant dans la salle de bal.
Intimidée, la Trolle parcourait à petit pas la salle lorsqu’elle tomba nez à nez avec le Roi Roderick. Celui-ci n’avait encore jamais vu de beauté pareille, et s’empressa de lui demander de danser. Fille du Roi des Troll accepta, car elle fut charmée par le Roi, bien qu’elle ne sut rien danser d’à la mode à la cour du palais ! Elle s’emmêla les pieds dès les premières mesures, et marcha sur sa fragile robe de forêt, qui se déchira, laissant passer sa queue de trolle en pinceau.
L’assistance prenait peu à peu un air dégoûté, l’on entendait des personnes alarmées se précipiter vers la sortie, mais le Roi n’avait rien remarqué, si ce n’est l’air gêné mais énamouré de la jeune fille avec qui il croyait danser. Ce ne fut que lorsque l’orchestre, effrayé par la vision, s’arrêta, qu’il remarqua l’anomalie dont souffrait sa cavalière.
Et la Fille-Trolle partit du palais en courant. Dans les yeux du Roi s’alluma la flamme de la colère, de la haine et de la cruauté, il ordonna qu’on lui amène dans l’immédiat son cheval et son épée, puis il s’élança au galop afin de rattraper la créature qui l’avait trompé.
Mais la Trolle avait déjà gagné la protectrice forêt, et la potion avait cessé de faire effet, elle retrouva ses oreilles pointues, ses crocs effilés et ses pattes griffues, plus de chevelure soyeuse ! Mais l’effrayante crinière des Trolls. Les ronces achevèrent de réduire en lambeaux la précieuse robe de la sorcière.
Roderick cavalait derrière, à une lieue, puis un peu moins, se rapprochant. C’était la première fois qu’il osait s’aventurer si loin dans la forêt, et en pleine nuit, il ne tarda pas à se perdre.
Au bout d’une longue cavalcade, le Roi avait perdu les traces de la Fille des Trolls dans la foisonnante broussaille griffue, et à l’évidence, son chemin. Dépité, il s’arrêta. Son cœur cessa d’éprouver de la haine, pour laisser place au désespoir.
« Je vais mourir ici, sans femme ni sa pensée pour m’accompagner jusqu’à la fin, pourquoi n’ai-je point laissé partir cette Trolle ? »
La Fille du Roi des Trolls, perchée sur un arbre, l’entendit, et s’adressa à son poursuivant :
« Si tu me garantis ta reconnaissance, je peux t’aider, méchant Roi. »
Roderick leva la tête, et vit le pinceau de poils qui l’avait tant répugné, et au bout, une vraie Trolle. Celle-ci descendit et le Roi pu reconnaître les yeux de sa cavalière, d’une inquiétante couleur de lame sous la pleine lune.
Le Roi promit qu’il ne toucherait pas à un poil de la Trolle, laquelle lui montra le chemin pour rentrer chez lui, et l’accompagna à l’orée des bois.
« Ici s’arrête mon chemin, car au-delà, nous sommes détestés. » Et elle lui remit une Edelweiss pour ne pas qu’il oublie le gage de reconnaissance.

Le temps passa, la saison froide rendit la forêt encore plus dangereuse et inaccessible, et le Roi Roderick n’avait toujours pas d’épouse. Il n’avait même plus le cœur d’organiser des pendaisons publiques. Seuls lui manquaient les yeux de mercure fuyant d’une créature de la forêt, la Fille du Roi des Trolls.
Son conseiller, croyant son roi vieillir, s’inquiéta sérieusement de l’avenir du royaume et préconisa un second bal. Le roi accepta mollement, en recommandant cette fois de ne pas oublier les créatures de la forêt.
Le Roi des Trolls reçut donc l’invitation avec un large sourire.
« Cette fois, ma fille » dit-il, « tu ne pourras revenir sans un mari de sang royal à ton bras ! » Et la Trolle trembla à l’idée de subir à nouveau une telle humiliation. Lorsque son père l’emmena voir Bouille-Bidouille, la Fille des Trolls exigea cette fois une potion qui fisse disparaître sa queue. La sorcière se creusa les méninges longuement, chercha des ingrédients on ne peut plus farfelus tels de la liqueur de soleil et de la poudre d‘ailes de papillon, puis finit par remettre la potion exigée à la jeune Trolle, ainsi qu’une splendide robe de neige.
Et le jour du bal, voilà la Trolle repartie, assurée cette fois de ne pas être découverte et bien décidée à se tenir à l’écart. Mais voilà que le Roi crut voir, dans les yeux de l’inconnue, le reflet dansant d’un éclat de lune, et la Trolle se souvint de la promesse. Le cœur du roi battit si fort que la robe de neige se mit fondre, fondre… et découvrit la Fille des Trolls, qui avait tout de l’apparence d’une jeune fille. Roderick, ne voyant pas de queue, se fâcha, et la craintive Trolle s’adressa à lui en ces termes :
« Roi Roderick ! Je suis bien celle à qui tu pense et je veux te le prouver. »
« Seule la Fille du Roi des Trolls saura me ramener une fleur identique à celle-ci ! » lança le Roi à l’assemblée en brandissant l’Edelweiss.
Et voilà que la Trolle s’enfuit à nouveau, et se mit à cavaler à travers la forêt. Elle courut trois jours et trois nuits sans s’arrêter ni souffrir du froid, jusqu’aux cimes des lointaines montagnes au-delà des forêts, pour cueillir dans la neige une Edelweiss éclatante de blancheur. Le charme de la potion, bien sûr, s’était estompé depuis longtemps déjà lorsque la Fille-Trolle ramena la fleur d’Edelweiss.

On sait depuis que le Roi Roderick a demandé, et obtenu, la main de la Fille du Roi des Trolls, et qu’eux deux vécurent vieux, heureux, sans oublier les Trolls restés dans la forêt, et que la descendance royale porte depuis une curieuse queue en pinceau aux fesses et arbore sur son blason deux Edelweiss.

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Chadden
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MessageSujet: Re: Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...) Lun 15 Nov 2010 - 15:40

Ignorant si la demande est toujours d'actualité, mais ayant l'envie de le faire ainsi qu'un peu de temps devant moi, je vais me prêter à l'exercice.



A. Sur la forme :


- Stylistique rapide : Un texte rythmé, fluide, très agréable à lire. Pas de réelle lourdeur ou longueur. Le principal défaut de style est cependant la redondance, quelques tournures maladroites qui chargent certains passages et leur font perdre de leur force.

Petits exemples :

Citation :
Il fit donc passer l’annonce partout, dans toutes les ruelles, toutes les échoppes et maisons.

Le "partout" est de trop, puisque tu extrapoles dans la suite de la phrase ; à la place, rajouter une troisième proposition (type "(...) dans toutes les ruelles, toutes les auberges, toutes les échoppes et maisons" voire plus simplement "(...) dans toutes les ruelles, toutes les échoppes, toutes les maisons"). Le rythme ternaire est généralement le plus efficace en matière de répétition ;

Citation :
La Fille des Trolls ouvrit les yeux devant un tel faste, qu’elle n’avait jamais vu auparavant, elle restée toute sa jeunesse au fond de la forêt sombre.

L'explication de la surprise du personnage est assez inutile : on se doute bien que la Fille Trolle n'a jamais rien connu d'autre que la forêt. Même chose ici :

Citation :
Celui-ci [le Roi] n’avait encore jamais vu de beauté pareille, (...)

Vu que le lecteur connaît l'effet de la potion, il comprend d'instinct la raison de l'émerveillement du Roi. A trop vouloir tout expliquer, tu risques de prendre - sans le vouloir - ton lecteur pour un imbécile, et même s'il ne s'en rendra pas forcément compte, il n'appréciera pas !

Il m'a également semblé voir quelques petites erreurs de syntaxe ici et là, mais je te ferai grâce de la bêta-lecture poussée et détaillée sauf demande expresse.

En bref, et à part ces petits défauts, l'écriture est plutôt mature, variée, les métaphores sont simples et efficaces, c'est clair et aéré. Nickel.

- Structure et Thèmes : Au niveau de la construction du texte : Sans être un récit à tiroirs façon Andersen, ton texte est un peu plus sophistiqué que le conte "basique" et linéaire, ce fut d'ailleurs une agréable surprise. Je pense pouvoir le découper en plusieurs séquences.

1) La première trame - le bal : Depuis le début jusqu'à la fuite de la Fille-Trolle une fois son déguisement découvert. Tu poses tes archétypes, ton thème, la "tromperie" et sa résolution.
2) Epreuve de la Fille-Trolle au Roi : Tes archétypes changent. Du monde des Hommes, on passe au monde de la Forêt (donc au monde surnaturel) ; le Roi passe de "dominant" à "dominé", et inversement pour la Fille-Trolle. Changement de caractère du Roi, main tendue de la Fille-Trolle et gage de confiance.
3) Epreuve du Roi à la Fille-Trolle : Retour au monde des Hommes et nouvelle transformation des archétypes, qui finissent par s'équilibrer : en imposant son épreuve, le Roi prouve également que la confiance offerte par la Fille-Trolle n'a pas été vaine (il reconnaît les yeux, se fâche en l'absence de queue). Acceptation mutuelle, conclusion.

On ne peut pas nier une bonne connaissance des mécanismes du conte dans ton texte. Qu'il s'agisse des archétypes (le méchant roi, la sorcière, le père, la Fille-Trolle - mais je reviendrai sur celui-là), des thèmes de l'épreuve et de la tromperie, même de certains schémas comme la robe-élément à la Peau d'Âne, ou celui du bal-sursis qui rappelle évidemment Cendrillon. Quelques éléments "modernisent" cependant le conte, je pense notamment à l'évolution de tes archétypes (généralement, un personnage de conte archaïque est "plat", il ne fait que représenter une valeur, un concept, et demeure figé dans le récit), surtout - bien entendu - celui de la Fille-Trolle qui au final combine deux personnages en un. A la fois jeune fille effrayée (celle qui n'est plus une enfant, mais pas tout à fait adulte encore), à la fois "altérité maligne" proche du trickster (figure surnaturelle généralement chargée de rappeler à l'Homme sa place dans le monde, via des farces plus ou moins cruelles). J'en viens d'ailleurs à l'analyse "de fond", et à la réponse à la question posée.


B. Sur le fond, donc :


Je ne te connais pas vraiment, pas du tout même, mais il me paraît assez évident que tu as mis beaucoup de toi dans le personnage de la Fille-Trolle. Scoop, hm ? D'une part, c'est le personnage central du récit, d'autre part, c'est - voir ci-dessus - la créature la plus complexe, et la plus travaillée dans le conte.

Si je devais faire mon pédant (bon, d'accord... je *suis* pédant) je dirais que ce petit récit est en quelque sorte une représentation allégorique de ton propre rapport à l'Autre. Cet Autre hostile et autoritaire qu'incarne le méchant roi, et auprès duquel il te faut te déguiser pour pouvoir l'approcher.

Hélas, ce déguisement te va très mal et tu ne le supportes pas (maladresse, la robe qui se déchire) ; et puis de toute façon, ta "véritable" nature te convient mieux. C'est pour cela que tu aimerais emmener l'Autre dans ton propre univers (fuite dans la forêt - la Fille-Trolle passe de jeune fille à créature dominante et inquiétante), dans l'espoir qu'à ce contact, l'Autre pourrait changer son registre de valeurs et mieux te comprendre. Tu te sens prête à faire des efforts en ce sens (don de l'edelweiss) mais seulement si l'Autre fait de même en retour, sans quoi - comme dans tout rapport humain, hein - pas d'entente, pas d'échange, et bien entendu... pas d'harmonie.

Il se peut que je me trompe totalement. Bah, j'aurai essayé !



Quoi qu'il en soit, en tant que grand amateur de conte, ce texte a vraiment été un petit plaisir à lire et à décortiquer, bien équilibré, basé sur une trame solide et assez intelligente. Je serais ravi d'en lire d'autres à l'occasion !

(Même si le Troll est une créature plus chtonienne que sylvestre à la base... Mais bon, là c'est vraiment juste pour faire mon emmerdeur)
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MessageSujet: Re: Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...) Lun 15 Nov 2010 - 16:38

Ah, aah, ah euh merci c'est gentil d'avoir pris le temps de décortiquer tout ça. Malgré les redondances (ça fait des années qu'on me tabasse la même chose là-dessus. Je ne m'en rends même pas compte. Pire : ici, il ne fallait pas donner de nom au personnage, et faire avec. En plus, j'avions une sérieuse propension à méchamment allonger les phrases en les segmentant à droite à gauche de virgules...)
Donc pour ce qui est de toussa, grand-mère, saint taxe, ben on fera avec la prochaine fois ^^

Et après, je ne saurai que saluer une remarquable lecture qui m'a estomaquée. Bien sûr, le conte est peut-être un genre qui facilite la chose, car on peut le lire en se disant "tout est fait de symboles" (et ceux-ci sont relativement simples !), mais c'est impressionnant.

Par contre pour l'origine de ces satanées créatures, je ne suis pas tout à fait d'accord le folklore finlandais les intègre complètement à la forêt, en tant qu'esprit sylvestre. Leur élément reste la Terre bien sûr, et leur description est celle d'un bestiau cavernicole capable de se transformer en caillasse... mais après ?
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Chadden
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MessageSujet: Re: Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...) Lun 15 Nov 2010 - 16:46

Skogtroll a écrit:


Par contre pour l'origine de ces satanées créatures, je ne suis pas tout à fait d'accord le folklore finlandais les intègre complètement à la forêt, en tant qu'esprit sylvestre. Leur élément reste la Terre bien sûr, et leur description est celle d'un bestiau cavernicole capable de se transformer en caillasse... mais après ?

D'où le "plus (...) que" dans ma formulation Wink La forêt et le monde souterrain sont assez souvent liés. Ils ont un rapport quasi similaire aux ténèbres, aux peuples invisibles et à la Féerie dans son ensemble. J'ai bien précisé que c'était juste pour faire mon emmerdeur !
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MessageSujet: Re: Le Roi et la Fille de la Forêt (défi...)

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